Annarion : Renaissance
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 Lune des reflets sur un long rivage tranquille [Pour Adrian]

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Katharina
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MessageSujet: Lune des reflets sur un long rivage tranquille [Pour Adrian]   Jeu 3 Sep - 0:32

Le soleil blanc est haut dans la nuit étoilée, la clarté de ce ciel illuminé des astres se reflétant dans les eaux calmes d'Anahir. Assise dans le sable l'esprit impie a laissé choir le voile des illusions, son visage serein baigné par la lumière des reflets d'argent. Illuminant son corps parfait à la peau grise, entièrement nue face aux feux mouvants de l'étendue glacée qui bat le sable au rythme de sa marée basse. Si paisible... Katharina a presque la sensation d'un cœur qui bat dans son corps de poupée. Mais elle ne se leurre pas de ses propres illusions, la sensation du vent dans sa chevelure d'argent aux reflets d'émeraude, elle ne la connait pas. Tout comme elle ne comprend pas la douleur qu'elle ressent à travers son contrat.

Si l'invoquant qui gît à quelques mètres derrière elle avait encore ses yeux, il pleurerait de joie face à sa propre perversion. Les êtres mortels sont parfois si immondes... La succube soupire longuement, ouvrant ses paupières jusqu'alors clause sur son regard flamboyant. S'amusant des reflets qu'elle perçoit, elle joue avec l'eau. Mettant au monde de fines ondulations sur la paisible étendue glacée. Un peu comme un homme pourrait se prêter au jeu des ronds de fumée dans la nuit étoilée.

Si seulement... Si seulement la beauté de cette nuit n'était gâchée par la présence du déchet qui c'est prétendu son maître. Arrogante petite créature qui se meurt à petit feu, éloignant peu à peu l'esprit illusionniste de son illusion de liberté.

Pendant un instant elle repense au seul maître qu’elle n’eut jamais accepté, son petit corps chétif et son expression sincère. Sa façon de lui parler, comme d'égal à égal, son regard émerveillé lorsqu'elle lui comptait les merveilles de l'ancien monde. Son jeune visage captivé lorsqu'elle lui racontait les sensations de l'autre monde.

Le voile blanc de la haine s'écoule sur la tête cornue de l'invocation, remplaçant l'expression de la douleur. Son esprit se tourne vers son maître actuel, une moisissure de plus sur la surface merveilleuse de ce monde fait d'images et de formes.

Elle penche doucement la tête en arrière, et pose son regard sur l'astre qui illumine le soir. Le lien disparaît, d'ici quelques heures son image éphémère va s'étioler, et se dissoudre dans ce monde qu'elle veut tant découvrir. Une nouvelle fois son âme quittera toutes limites physiques et temporelles. A nouveau la sensation de l'appel, cette contrainte insurmontable, va la tirer à un maître de plus. Un être cruel et lâche n'ayant aucunement conscience des merveilles qui l'entourent.

Katharina sourit, son visage se plissant dans une attitude malsaine, avant de partir elle va emporter son dernier maître dans un bain de sang. Fidèle à sa réputation elle va laisser derrière elle la marque de ce que coûte l'esclavage de son peuple.

La haine fait frémir son corps vide de marionnette. Un sentiment qu'elle tient de ses maîtres, s'abaisser aux pires jugements, aux pires actes. Ce qui est devenu pour elle une drogue... Une sorte d'addiction capable de repousser quelques instants le sentiment de domination que son être de puissance subit depuis ce qui semble être à la fois, une fraction de secondes insupportables, et une éternité insoutenable. Dans son monde sans période et sans formes, ou rien ne se décompte ni ne se forme...

Doucement elle concentre son pouvoir et crée le reflet d'une larme de lumière bleutée, qui s'écoule avec grâce le long de la courbe parfaite de sa joue artificielle.

La poupée pleure sous la lune des reflets, le long d'un rivage de paix.
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Marya Adrian

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MessageSujet: Re: Lune des reflets sur un long rivage tranquille [Pour Adrian]   Ven 4 Sep - 15:42

Des formes pâles, des murmures profonds, ce songe était plus qu'un simple rêve, et l'oracle le savait. Son fin visage brillait sous la lumière du jour, et le soleil à l'horizon, portait à travers ses rayons les nouvelles du monde.
Marya était plongée dans l'une de ses méditations, en haut du temple des Oracles, au dessus de la ville et de ses tourments. La vision était une chose, la connaissance en était une autre. Il ne suffisait pas de voir le futur, il fallait le comprendre, le vivre, et Marya semblait avoir un don pour ce genre de choses. Elle parlait avec le monde, conversait avec les cieux, ses sens étaient puissants, elle avait beau en avoir perdu un, tous les autres s'étaient d'autant plus développés. Ainsi voyait elle plus loin que personne, observant sous ses mains la vie sous toutes ses formes grouiller, évoluer, puis disparaître. Un cycle dont le mécanisme ne semblait plus avoir aucun secret pour elle.

L'Oracle ouvrit les yeux, dévoilant ses iris azur reflétant la lumière bleutée des murs du temple. Elle se leva, traversa la large pièce et s'engagea dans l'un des longs corridors du bâtiment. Ses pas feutrés la laissaient silencieuse, et son monde n'était plus qu'une alliance de lumières et de textures, mutin, paisible. La jeune fille était respectée, presque crainte par les autres Oracles qui voyaient en elle une redoutable voyante qui toujours connaîtrait la vérité.
Elle passa dans l'une des salles publiques et fit signe à une famille de venir vers elle. La femme et son mari accompagnés de leur fille s'approchèrent alors de l'Oracle, ils semblaient être de bonne famille, des nobles sûrement, beaucoup venaient consulter les cieux à l'ombre du temple. La femme salua la voyante et tous se dirigèrent vers une petite pièce en retrait. La décoration était sobre, alors que dans le reste du temple marbrures et gravures jonchaient les murs, l'alcôve faite dans la glace ne possédait qu'une fine table en bois blanchi et quelques artéfacts dont l'utilité n'était connue que de l'oracle.

« Que voulez vous savoir ? » Demanda froidement Marya, les yeux déjà plongés dans le bol d'eau en cristal qui lui servait de canal.
La femme s'adressa en première à l'oracle, désignant du doigt sa jeune fille elle demanda à connaître son avenir, si ses études allaient être brillante, si elle allait enfin reconnaître son appartenance à la noblesse Humaine.

Marya resta silencieuse un instant, fixant de ses yeux purs la jeune fille puis sa mère et enfin son père. Il n'y avait ni jugement ni mépris dans son regard, en fait, il semblait vide, comme se trouvant creusé pour recevoir toute la vérité. Vide, neutre, immobile.

« Anat'Devehi » Ce fut un murmure, elle encercla le bol de ses fines mains, et l'eau alors pure s'empourpra en un instant, comme si un poison y avait été allègrement versé. Elle resta ainsi un instant, observant les formes délicates qui planaient dans l'eau, les silhouettes inconnues et presque invisibles, messagers de l'outre monde.
« Votre fille, si vous voulez la voir grandir dans votre univers, devra connaître toute la vérité. Vous l'avez adoptée, vous l'aimez mais elle n'est pas de votre sang, et il ne le sait que trop bien » Ajouta elle en fixant l'homme qui alors se pinça les lèvres. Il ne croyait pas aux Oracles en entrant dans le temple, non, il n'y croyait pas.

Et tout le jour fut ainsi, plein de mystères et d'invocations, plein de vérité et de clarté retrouvée. Marya quitta le temple au crépuscule, le soleil tombait à l'horizon et une étrange alchimie s'opérait autour de l'oracle qui sentait quelque chose dans l'air, comme un vent de violence et de douleur, une haine mêlée de folie qui l'appelait.
Elle traversa la ville, lentement, pensive et absente à la fois. Les plages se trouvaient à l'autre bout de la ville, elle s'en approcha, quitta les sentier battus et s'approcha d'une crique que seul l'air semblait fréquenter.
La pénombre avait déjà empli les lieux, et l'on ne distinguait plus que la lune au loin. Marya quitta ses sandales et gouta le sable chaud de la plage. Elle s'approcha, comme si elle savait ou elle allait, et une fois à distance correcte de sa cible, elle sortit une petite pierre bleue qu'elle portait d'habitude en collier de sa manche. La pierre s'affola et une vive lumière azur s'en échappa avant de se diviser pour rejoindre le sol, y traçant de larges lignes circulaires qui vinrent encercler l'esprit et son maître.
Ainsi la clarté du jour fut elle retrouvée, et l'oracle put voir ce qu'elle voyait dans ses songes, la Triclante et son maître presque mort.
Marya ne regarda presque pas l'homme, elle fixait la jeune femme cornue devant elle, un message devait lui être délivré. Elle s'approcha sans crainte et vint faire face à la créature.

« Il y a des choses que parfois nous ne comprenons pas. Il y a des vérités qui parfois nous mènent au désastre.
Bientôt vous serez appelée Katharina, bientôt vous aurez le choix entre la vie et la mort, entre la lumière et l'ombre. Ce n'est ni un dieu ni un diable qui viendra à vous, ce sera ce que vous redoutez le plus, ce sera un face à face avec votre seule peur. Et je serais là. »


Marya elle même ne savait pas vraiment de quoi elle parlait, s'agissait il d'une menace ou d'un présage, l'avenir allait vite le dévoiler...
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Katharina
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MessageSujet: Re: Lune des reflets sur un long rivage tranquille [Pour Adrian]   Dim 6 Sep - 20:26

L'esprit est plongé dans les profondeurs de sa connexion avec le monde, essayant d'en repousser les limites en se jouant de l'énergie vitale de son maître qui circule doucement en elle, lui permettant de prendre forme ici-bas.

Soudain elle perçoit une voix et ouvre brusquement ses yeux d'esprit en fusion. Elle bondit en arrière dans un mouvement parfaitement improbable pour tout être concret. Elle se ramasse sur elle-même, grondante face à la femme qui se tient devant elle... Quant brusquement ; Les paroles de celle-ci s'imposent à elle. Ses yeux s'écarquillent un instant, indécise face à ses mots.

Peu à peu la compréhension envahit son esprit et elle se ramasse un peu plus sur elle-même. Elle n'a pas sentie sa présence car l'âme de cet être n'est pas tournée vers le présent...


"Une oracle..."

Elle prononce ces mots dans un grondement puis resserre ses doigts sur... Le vide, c'est vrai, elle n'a plus son sabre. La succube fait une moue gênée, elle ne possède plus assez d'énergie vitale pour user de son pouvoir, ou se sera la fin de son maître, et la sienne en quelque sorte. Pourquoi fallait-il que cette créature vienne la déranger dans ses derniers instants. Ne pouvait-elle disparaître en paix une seule fois dans son infinie existence.

La succube se redresse, toujours nue et cornue. Elle observe avec appréhension la créature face à elle. Que lui veut-elle... Les pouvoirs des oracles sont si mystérieux, loin de tout ce que peu percevoir la triclante. Elle a sans doute attendue le moment précis de sa faiblesse pour l'approcher, elle l'observe peut être depuis plusieurs heures, ou même plusieurs jours. Impossible de savoir avec des êtres comme elle.

Sa voix se fait murmurante, emplie de colère et d'incertitude.


"Que me veux-tu ?"

Ce sont ces mots qu'elle choisie, elle se sait en position de faiblesse. L'oracle peut prévoir chacun de ses gestes, peut être même qu'elle peut être plus rapide qu'elle malgré son affiliation à la gravité. Peut être qu'elle peut lire à l'avance dans l'esprit, avant même qu'elle ne pense à agir.

Tout ceci paraît si impossible et si probable en même temps.
Sa méfiance se décuple, peut être qu'elle sait déjà tout de son interminable vie... Impossible, aucun esprit mortel ne pourrait supporter d'assimiler autant de mémoire... Mais après tout, Katharina n'y connaît rien.

La triclante serre les dents, sentant la vie qui s'échappe de son maître, l'illusion qui faiblit, devenant moins concrète à chaque minute qui passe si vite. Elle sera bientôt à la merci d'un nouveau maître, peut être même de cette oracle maudite.

"Et je serais là." Que voulait-elle dire, que peut bien signifier de tels mots, une menace... L'esprit cesse de réfléchir et se calme peu à peu, après tout, rien ne sert de s'énerver. Ou presque...

Elle prend une position qui lui donne un peu plus de contenance, dominant l'oracle de par sa taille. Elle crée l'aura la plus intimidante possible, attendant sa réponse avec inquiétude dissimulée.
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Marya Adrian

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MessageSujet: Re: Lune des reflets sur un long rivage tranquille [Pour Adrian]   Dim 6 Sep - 21:47

La pure humaine observa le spectre se lever en une large brume, observant l'Oracle de ses yeux brûlants, elle exprima tout d'abord mépris et colère avant qu'une pointe de peur mêlée de curiosité s'empare de son visage flou. La condition d'Oracle de Marya déplaisait à la Triclante qui savait pertinemment bien qu'elle n'aurait pas l'ascendant sur l'humaine cette fois ci.
Marya s'approcha sans peur de l'esprit grondant, ramassant dans ses fines mains une poignée de sable qu'elle fit tomber lentement, laissant les grains glisser entre ses doigts et virevolter sous les épais volutes d'énergie que l'oracle dégageait à cet instant. Une lueur bleue s'en échappait, émanant de ses membres mêmes et glissant au delà de son être comme prolongeant son âme plus loin.

« Le temps est une chose difficilement compréhensible. Fait de mystères et d'énigmes, on croit à l'éternité pendant un instant, puis le souffle de l'éphémère vient nous balayer, alors nos mémoires ne sont plus qu'un murmure inconnu, sans source ni but.
Tu es un esprit tu le sais, tout à une fin, toute relative certes, mais la fin ne signifie pas l'arrêt de toute chose, c'est le commencement revient, immuable, on ne peut y échapper. »


Les grains de sables glissaient plus lourdement entre ses doigts, formant un creux dans le sable plus bas, il semblait que sa poignée de sable fut plus grosse qu'il n'y parût. Marya observait le sable couler sous son être, méditant sans crainte devant la Triclante qui ne souhaitait qu'une chose, sa mort.
Elle demandait ce qu'elle lui voulait, perdant chaque fois un peu plus de sa présence, disparaissant lentement dans l'outre monde, quittant celui ci. Marya sentit l'aura de la Triclante faire pression sur elle, elle cherchait à l'intimider, mais l'oracle n'y sentait que plus de douleur et de tristesse.

« Tu es faite d'une terrible alchimie. Alliance douloureuse d'une âme innocente et d'un sort maléfique. Tu n'as évidemment aucun souvenir de cette vie que tu menait auparavant, puisque toute sa substance a été effacée des registres universels. Tu ne sens en toi qu'une profonde colère dont tu as abandonné la recherche de la source, une colère mêlée d'une tristesse tout aussi mystérieuse. Et parfois tu crois comprendre ce dont tu es faite, mais c'est un mirage qui aussitôt s'évapore, te laissant plus amère, plus meurtrie et plus violente.
Je ne te veux rien, je suis une messagère. Simple intermédiaire entre toi et quelque chose de bien plus grand. Tu seras bientôt confrontée à ta seule crainte, à la seule chose qui pourrait vaincre en toi le sort qui t'emprisonne. Et ce sera à ce moment que tu devras faire un choix, rester la vagabonde sans vie que tu es aujourd'hui ou embrasser une nouvelle existence. »


L'oracle laissa tomber les derniers grains de sable sur le sol, et avant que l'ultime grain ne s'affale parmi ses semblables, elle prononça ces dernières paroles.

« Et le temps dans son infinie sagesse, recommence une fois de plus. »

Elle pointa alors son bras vers l'homme caché dans l'ombre, la tête baissée vers le sol, et laissa une large flamme bleue consumer son corps déjà cadavérique, libérant l'âme torturée qui y résidait. Alors le spectre disparut.
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Katharina
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MessageSujet: Re: Lune des reflets sur un long rivage tranquille [Pour Adrian]   Lun 7 Sep - 0:46

~ Le concret

Katharina observe d'un œil embrasé les grains s'écouler lentement de la paume de la mortelle. Comme un décompte fatidique du temps auquel elle n'appartient que l'instant d'une vie, celle de son contractant. Et c'est une vie qui se meurt...

Elle écoute à peine les paroles de la diseuse de mauvais augure. Observant avec froideur ces infimes particules de matière qui mesurent, lentement, la fin de cette existence qui la tient en dehors des limites de l'infinie et de l'informe qu'est son monde.

"Alliance douloureuse d'une âme innocente et d'un sort maléfique."

L'esprit relève ses yeux vers le visage de l'oracle, l'observant, déjà loin de tout ça, son illusion s'étiolant au fil des grains de sables, toujours plus lourds dans leur signification... Misérables gouttes de son temps.

Qu'est-ce qu'elle en sait celle-là, de ce que son existence signifie, de ce à quel point ça peut être douloureux. Même s'il existe une part de vérité dans ces propos, ce n'est pas une enveloppe charnelle dotée de pensée qui lui apprendra ce qu'elle est, et ce qu'elle adviendra.

Le sable c'est écoulé, Katharina flotte presque au-dessus du sol. Une grande partie de sa puissance est déjà passée de l'autre côté du goulet, et son existence même commence à effleurer ce passage infâme...

"Et le temps dans son infinie sagesse, recommence une fois de plus."

La femme ne parlerait pas ainsi si elle savait la souffrance que ressent déjà à l'heure actuelle la triclante. Il n'existe aucune sagesse là-dedans, seulement une folie perpétuelle qui n'a de cesse de s'imposer aux autres. Dans sa dimension le temps n'existe pas, se plaisir qu'est cette sensation de vie ou de mort, de quelque chose au bout du chemin. Si on ne l'avait jamais forcée à goûter à cette vie, elle n'aurait pas regretté de disparaître à cet instant.

Le goulet se referme sur son être informe, la torturant d'une douleur bien au-delà des souffrances physiques que les êtres concrets peuvent ressentir. Mais dans tout cela il reste au moins un soulagement, elle n'aura plus à entendre les divagations de cette pauvre fille. Katharina n'a plus le pouvoir de communiquer, mais il y a une chose qu'elle aimerait bien lui dire à cette fille avant de partir.

Elle ne sent déjà plus qu'une infime parcelle de la présence de l'oracle, vaguement perceptible une fois qu'on s'y habitue. Le goulet se referme, et sa puissance se réveille à nouveau.


~ L'informe

Ici tout n'est que chaos, constant mouvement inébranlable et irrégulier, impossible de s'identifier les uns les autres entre esprits, ni de communiquer. On ne se sent pas seule ici, mais l'existence collective n'est pas très communicative.

La triclante se sent comme une chrysalide, renfermée dans l'absolue et l'infinie dimension qui la façonne et dont elle fait partie tout en n'étant isolée. Elle pense, tout du moins c'est un peu comme-ça qu'on pourrait l'interpréter. Elle a gardé ses habitudes du concret, elle essaye d'évaluer le temps presque sans s'en rendre compte. Mais le temps est impossible ici... Ici, il n'existe tout simplement pas. Elle sait qu'il lui faut près d'une décennie concrète pour se remettre de chacune de ses visites dans l'autre monde. Pour oublier les sensations, perdre ce qui s'apparente le plus à une mémoire. Mais penser, compter, réfléchir, tout cela est sous l'influence de la distorsion de ce monde. Si un être concret y pénétrait, il serait incapable de quoique ce soit, son équilibre naturel serait entièrement perturbé, et il deviendrait une proie pour la conscience omnisciente. Il se ferait assimilé, et deviendrait une infime parcelle de la puissance que chaque esprit possède à sa sortie du goulet.

Katharina commence déjà à oublier pourquoi elle pense à tout ça, ni même ce que signifie concrètement penser. La notion de concret ne fait jamais long feu ici, c'est ainsi.

Soudain elle sent une pression... Quelque chose qui la titille, on pourrait comparer ça à une forte démangeaison. Elle l'ignore, ça n'a aucune signification pour elle, ça la dérange c'est tout. Cela semble passer, puis ça recommence encore, un peu plus fort. Elle l'ignore de plus belle, sans se poser de question, qu'est-ce que c'est elle s'en moque, il n'est rien qui soit ici.

La pression revient à la charge, cette fois c'est douloureux. Une horreur insondable la dévore brusquement. Elle se perd, pourquoi ce mal apparaît. Puis soudain elle se rappel, le goulet. Sa rage s'épanouit brusquement, effet direct de la claustrophobie spirituelle que chacun des siens ressent lorsqu'on l'appel et qu'il doit passer... Elle se rappelle, le concret, les invoquants, l'esclavage.

Un nouvel imprudent la fait venir dans ce monde dont elle est à peine guérie, sa colère se décuple et se mue en un profond désir qui l'anime. Elle ne peut résister à l'appel, mais elle compte bien filer des frissons à celui qui ose la déranger dans son repos éternel.

Elle commence à percevoir l'autre monde, peu à peu elle en développe la puissance qui la rejoint à travers cette mauvaise passe, ce moment douloureux.

Elle n'a encore rien vue de ce qui l'entoure dans le concret, qu'elle apparaît déjà sous une forme repoussante, terrifiante, répugnante, immonde, tout ce qui peut évoquer les sentiments les plus insupportables pour ces insupportables mortels et leur égoïsme démesuré.

Elle retrouve ses sensations, le plaisir de ce monde, cette drogue dont elle se réclame tant lorsqu'elle n'est pas dans sa propre dimension, en dehors de toutes choses.

Elle apparaît devant celui ou celle qui l'appelle, sous une colonne de fumée noirâtre jaillissant du sol dans une irruption sonore de cris de démence et de rage, véritable avatar de la folie mortelle sous toutes ses formes. Seul détail habituel de son être, deux yeux flamboyants, à peine visibles au cœur de la tourmente informe.

Des volutes s'échappent peu à peu de sa base, charriant des bruits visqueux d'insectes démesurés, le tout surplombé par un grondement sourd de volcan en irruption, assimilable à une bête immonde jaillit des profondeurs infernales pour dévorer toute vie. Répandant par la même occasion une odeur répugnante qui retournerait le cœur des plus solides guerriers de ce monde.

Si avec ça elle ne fait pas flipper à mort, elle ne sait plus quoi faire. Elle commence à scruter les environs, curieuse, ou est-ce qu'elle est, qui ose la réclamer ? Elle pourrait presque éructer un rire machiavélique, quelqu'un va souffrir de l'avoir ramenée à son opium, et ce n'est pas elle.
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MessageSujet: Re: Lune des reflets sur un long rivage tranquille [Pour Adrian]   

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